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La dette technique qui a coûté 50K€.

Deux ans de pilote automatique, un produit FinTech qui tourne, zéro maintenance. Jusqu'au jour où tout s'est effondré.

7 avril 2026

QuickFund a été rentable dès le premier mois. Micro-crédits, remboursements automatiques, scoring maison. Ça tournait. Alors j'y ai plus touché. Pendant deux ans. C'est la pire décision technique que j'ai prise.

50K€ de pertes parce que j'ai refusé de maintenir du code qui tournait. Pas un hack, pas le marché. Juste de la flemme technique.

Chronologie de l'incident

Début 2024

Lancement QuickFund

MVP fonctionnel. Scoring basique, interface minimale, process semi-automatisé. Rentable dès le mois 1.

Mi-2024

Pilote automatique

Le produit tourne, je me concentre sur les autres filiales. Zéro mise à jour, zéro refactoring, zéro monitoring sérieux.

Fin 2024

Premiers signaux

Quelques bugs remontés par les clients. Temps de réponse qui augmente. Je patche en urgence, je ne corrige pas la racine.

Début 2025

L'incident

Perte de données critiques. Des remboursements non comptabilisés. Des clients facturés deux fois. Le scoring qui retourne des résultats incohérents.

Q1 2025

Décision radicale

J'arrête tout. Stop total. Aucun nouveau prêt. Audit complet du code, de la base de données, des process.

2025-2026

Restructuration

Réécriture complète. Nouvelle stack, nouveau scoring, nouveaux process. Le QuickFund d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le MVP initial.

Décomposition des pertes

~18K€

Remboursements perdus

Paiements reçus mais non comptabilisés dans le système

~12K€

Double facturation

Clients débités deux fois, remboursements manuels

~15K€

Prêts non recouvrables

Scoring défaillant ayant approuvé des profils à risque

~5K€

Coût de restructuration

Temps, outils, audit externe

~50K€

Total

01

Ce qui a causé le problème

La dette technique c'est du code que tu sais fragile mais que tu corriges pas. Des tests que tu écris pas. Un monitoring que tu mets pas en place parce que « ça marche ». Sur QuickFund j'avais accumulé :

!

Zéro test automatisé — chaque déploiement était un pari

!

Base de données sans contraintes d'intégrité — des doublons partout

!

Pas de système de logs — quand le bug arrive, tu sais pas quand ni pourquoi

!

API sans versioning — un changement cassait tout sans prévenir

!

Pas de backup automatisé — la base était le single point of failure

02

Ce que j'ai fait

La décision la plus dure c'est d'arrêter un produit qui rapporte de l'argent. Dire aux clients que je suspends les nouveaux prêts. Mais c'était ça ou continuer à patcher sur du code pourri.

01

Audit complet — 3 semaines pour cartographier chaque composant

02

Réécriture du scoring — algorithme revu, testé, validé manuellement

03

Migration de la base — PostgreSQL propre avec contraintes et indexation

04

Mise en place de tests — couverture à 85%+ avant tout redéploiement

05

Monitoring temps réel — alertes sur chaque anomalie financière

06

Process de déploiement — CI/CD, staging, validation humaine obligatoire

03

Les leçons

Cinq règles que j'applique maintenant dans chaque société du groupe.

01

Un produit qui tourne c'est pas un produit maintenu

Le fait que ça marche aujourd'hui garantit rien pour demain. Le code vieillit, les dépendances aussi.

02

Pas de code en prod sans tests

Si tu peux pas le tester, tu peux pas le déployer.

03

Le monitoring c'est pas optionnel

Tu dois savoir en temps réel ce qui se passe. Surtout quand tu gères de l'argent.

04

20% du temps dev = maintenance

Si tu planifies pas la maintenance, c'est l'incident qui la planifie pour toi.

05

Couper vaut mieux que patcher

Quand la dette est trop profonde, faut avoir le courage d'arrêter. Pas de continuer à mettre du scotch.

Le takeaway

50K€ parce que je pensais que « ça tourne » voulait dire « c'est solide ». C'était juste de la chance. Aujourd'hui QuickFund est plus robuste que jamais, mais j'aurais pu éviter tout ça en y passant 2h par semaine. La dette technique c'est un crédit sur ton futur toi, et les intérêts sont brutaux.

GL